Formulation du problème énoncé par Gettier dans un article paru en 1963 et intitulé : La connaissance est-elle une croyance vraie et justifiée ?
Toutes les connaissances sont des croyances vraies et justifiées.
Toutes les croyances vraies et justifiées ne sont pas des connaissances.
La connaissance n’est donc pas une croyance vraie et justifiée.
Car la vérité et la justification sont des conditions nécessaires, mais non suffisantes pour la connaissance.
Expérience de pensée du chien mort
Mon chien est mort, je l’ignore. Je demande à Henri si mon chien est mort.
Cas 1 : Henri va voir dans le jardin, il trouve le chien de ma cousine qui est vivant, il revient et me dit « ton chien est vivant ».
Henri croit que mon chien est vivant. Peut-on dire que cette croyance est un savoir ? Pour quelle raison ?
Henri va voir dans le jardin, il trouve le chien de ma cousine qui est mort, il revient et me dit ; « ton chien est mort ».
Peut-on dire qu’Henri sait que mon chien est mort ? Pour quelle raison ?
Un exemple de Russell
Une horloge est en panne. Elle s’est arrêtée il y a plusieurs jours à midi. Supposons que j’entre dans la salle où se trouve l’horloge à midi très exactement. Je regarde cette horloge qui ne fonctionne pas et forme la croyance qu’il est midi sur la base de l’horloge que je vois. J’ai donc une croyance vraie (il est véritablement midi) et ma croyance est justifiée (je m’appuie sur l’horloge, d’une manière générale on a toutes les raisons de se fier à une horloge). Pourtant, je ne sais pas qu’il est midi. Si j’avais regardé l’heure un peu plus tôt ou un peu plus tard, j’aurais acquis une fausse croyance. Ma croyance n’était pas fiable.
Bertrand Russell, Human Knowledge (1948)